Alors que les indicateurs économiques se dégradent et que les industriels font face à des tensions inédites, la question de la compétitivité des entreprises françaises revient au cœur du débat public.
Dans cette tribune, Éric Trappier alerte sur les conséquences que pourraient avoir de nouvelles charges pesant sur l’industrie, l’emploi et l’investissement. Entre incertitudes internationales, pression normative et fragilité économique, cette prise de parole rappelle une conviction forte : préserver l’industrie, c’est préserver l’avenir économique de nos territoires.

Mai 2026
Défendre l’industrie, ses emplois et ses savoir-faire est une mission de chaque instant. Ce combat revêt une acuité particulière, à mesure que les chiffres économiques virent au rouge les uns après les autres : multiplication des défaillances d’entreprises, recul de l’investissement, croissance nulle au premier trimestre 2026. Aussi, notre mobilisation pour et auprès de nos adhérents est totale afin d’éviter que le moteur de l’économie française se grippe durablement.
Car entre la persistance des tensions au Moyen-Orient, l’offensive technologique chinoise et les menaces pesant sur le commerce international, nos entreprises naviguent à vue. Et elles voient une chose : l’inflation grandissante et son corollaire ; la dangereuse compression voire l’effacement de leur compétitivité, déjà malmenée par les exercices budgétaires et le carcan normatif. Dès lors, dans ce contexte incertain, la rumeur d’un “coup de rabot” sur les exonérations de charges sociales – contre lequel nous nous sommes tant battus l’hiver dernier – est une alerte qui ne saurait être ignorée.
Comment penser qu’en alourdissant les prélèvements sur les entreprises industrielles, leur compétitivité tiendra le choc ? Comment imaginer rétablir les comptes publics en créant les conditions pour précipiter les défaillances d’entreprises et la hausse du chômage ?
Pour investir et recruter, les chefs d’entreprise ont besoin de visibilité, pas de mesures de circonstance qui grèvent l’avenir. Ponctionner les entreprises pour compenser des chocs externes est un calcul à court terme qui se traduira inévitablement par des destructions d’emplois.
Préservons le moteur économique pour mieux repartir. C’est le sens de l’appel unanime des organisations patronales pleinement conscientes des marges de manœuvre contraintes de notre pays mais avec la conviction que nos entreprises et en particulier industrielles sont la solution, à condition qu’elles ne soient pas une variable d’ajustement budgétaire.
Eric Trappier
Président de l’UIMM La Fabrique de l’Avenir