Dans une tribune forte et engagée, Eric Trappier, Président de l’UIMM alerte sur la déconnexion croissante entre la sphère institutionnelle et la réalité productive.

Janvier 2026
L’exercice est exigeant, presque contre-intuitif dans un monde mené par l’immédiateté : se projeter. En ce début d’année 2026, alors que les urgences du quotidien et les « œillères des usages » tentent de brider notre vision, notre mission – elle – reste de bâtir le temps long.
L’année qui s’achève nous a montré, une fois de plus, le contraste saisissant entre deux mondes. D’un côté, une sphère institutionnelle qui « tourne en rond », s’épuisant dans des débats de plus en plus déconnectés de la réalité productive. L’exaspération de nos adhérents, à l’unisson de celle des Français, a d’ailleurs atteint des sommets. De l’autre, notre réseau UIMM qui, tout au long de l’année 2025, a su transformer l’expertise technique en leviers d’action pragmatiques.
Nous le savons, nous ne pourrons pas compter sur une accalmie en 2026 : élections municipales et sénatoriales, préparatifs de la présidentielle, renouvellement des responsables syndicaux, négociations de branche, sans oublier le fracas du monde avec les tensions US/Chine, la guerre en Ukraine et les tergiversations de l’Union européenne.
Face à ces mutations, donner à nos adhérents les clés pour les absorber, mieux et plus vite que leurs concurrents, restera au cœur de notre action quotidienne. Mais ne nous y trompons pas : le plus difficile reste à accomplir dans le champ culturel. Il faut réussir à faire comprendre et ressentir que l’industrie est la colonne vertébrale de notre société. En somme, donner « envie d’industrie » et rappeler que plus d’industrie, c’est plus de « liberté » :
– La liberté d’imaginer sa vie et de fabriquer l’avenir plutôt que de le consommer.
– La liberté de défendre l’indépendance de notre pays.
Alors que la « facilité du renoncement » est une sirène de plus en plus forte, nous ne cédons rien au défaitisme. Avec conviction, cohérence et réalisme, nous continuerons en 2026 de porter ce mouvement collectif de projection. Car au fond, n’est-ce pas cela le cœur du militantisme industriel ?
Excellente année militante à tous !
Eric Trappier
Président de l’UIMM La Fabrique de l’Avenir