Dans sa dernière tribune, Eric Trappier, président de l’UIMM, rappelle que crises après crises, l’industrie demeure un pilier stratégique pour la France. Sécuriser nos approvisionnements, renforcer la compétitivité, valoriser nos métiers et former les talents : ce sont autant d’actions concrètes pour préparer l’avenir et soutenir notre souveraineté.

Mars 2026
Les crises, qui ne cessent de se succéder voire de se chevaucher, ne font pas que bousculer nos agendas. Elles agissent avant tout comme des révélateurs. Les réactions en chaîne qu’elles provoquent, mettent à nu nos vulnérabilités, et à l’épreuve notre capacité à résister.
S’y préparer, c’est d’abord avoir conscience que dans la constance de l’imprévisible, la souveraineté d’un pays repose sur un atout immuable : une industrie forte.
S’y préparer, c’est avant tout reconnaitre les erreurs stratégiques du passé, à l’instar de la déclaration de la Présidente de la Commission européenne sur la réduction de la part du nucléaire en Europe.
S’y préparer, c’est aussi rappeler que la France est le pays de l’Union européenne qui s’est le plus désindustrialisé. Malgré des filières d’excellence qui résistent et une amélioration entre 2018 et 2024, l’absence d’une stratégie politique claire et de long terme freine l’élan industriel en France, alors qu’il est fortement soutenu par nos concurrents internationaux – Etats-Unis, Chine, voire nos voisins italiens.
S’y préparer ne s’accommode ni de l’incantatoire, ni de l’immobilisme, ni du court-termisme. S’y préparer, c’est donc agir. Agir concrètement pour protéger et renforcer notre tissu industriel. En sécurisant ses approvisionnements, en favorisant sa compétitivité, en facilitant l’accès aux financements, en simplifiant les normes, en valorisant ses métiers et en formant des compétences dont elle a besoin.
S’y préparer, c’est, au fond, ce qui donne aux militants industriels que nous sommes, un supplément d’âme à nos actions quotidiennes. Chaque fois que nous œuvrons à lever les freins à la production, chaque fois que nous accompagnons un dirigeant pour trouver des solutions innovantes ; chaque fois que nous attirons et formons de nouveaux talents dans l’industrie : nous contribuons à renforcer la souveraineté du pays.
Aussi, l’industrie ne saurait être un secteur parmi les autres car, de son développement dépend en partie notre capacité collective à décider de notre avenir. L’actualité montre une nouvelle fois combien nos convictions ne sont pas des baromètres, mais bien des boussoles. En cela nous avons une responsabilité particulière : notre voix doit porter davantage.
Eric Trappier
Président de l’UIMM La Fabrique de l’Avenir